PRÉSENTATION :
Le modèle romantique Ce modèle romantique s'accompagne d'une série d'attentes sans précédent. Les partenaires souhaitent que leur relation soit :
Perel décrit l'étendue de ces attentes comme suit :
Il n'y a pas d'autre relation qui parle de l'être unique, qui évoque l'âme sœur, qui cherche à faire de cette âme sœur la personne avec qui tu élèves tes enfants, celle avec qui tu fais des travaux, et celle avec qui tu traverses le chômage et les tempêtes.
En résumé, selon Perel, la survie de la cellule familiale dépend désormais de la santé et de la solidité du lien affectif entre les partenaires. Cette Master Class te plonge au cœur de trois démonstrations cliniques – qui s’apparentent à des conversations intimes – au cours desquelles Perel met à profit son expertise et sa perspicacité pour reconstruire et renforcer ce lien essentiel après des infidélités, des trahisons et des traumatismes sexuels.
Les thérapeutes de couple sont à l'avant-garde de ce changement. Selon Perel, les normes qui régissent la vie de couple ont évolué encore plus rapidement que celles de la société dans son ensemble. Ces dix dernières années ont vu des changements radicaux dans la conception de ce qu'est un couple, ainsi que l'apparition de nouveaux problèmes que les partenaires abordent en consultation. Parmi ceux-ci, on peut citer :
Selon Perel, ces changements signifient que les thérapeutes reçoivent aujourd’hui des couples différents de ceux qu’ils voyaient il y a dix ans, et que ces couples sont confrontés à des problèmes qui peuvent être nouveaux tant pour eux que pour les thérapeutes. Cette Master Class propose des perspectives, des approches et une préparation qui aideront les thérapeutes dans ce travail.
L'approche de Perel en matière de thérapie de couple est inclusive. Perel a suivi une formation auprès de Salvador Minuchin et souligne l'influence de ce dernier sur son approche systémique. Elle a également été influencée par l'approche multimodale de Michele Scheinkman. Comme elle le montre dans cette Master Class, lorsqu'un problème se présente à elle, Perel ne considère pas que le cerveau, les circuits neuronaux ou l'attachement constituent le bon point de départ. Elle adopte une vision plus large et fait preuve de souplesse pour trouver, au fur et à mesure, la meilleure approche pour le couple qui se trouve devant elle. Elle explique :
Je pense au niveau intrapersonnel : l’expérience, la recherche de sens. Et je pense aussi au niveau interpersonnel : les interactions, la dynamique, le déroulement des événements et les escalades. Ce qui m’intéresse, c’est ce que je fais qui te pousse à agir comme tu le fais, ce qui me fait agir à l’opposé de ce que je voudrais vraiment être avec toi.
Perel estime que c'est la liberté de travailler sans se laisser enfermer dans une vision rigide de ce qui est « juste » ou dans un modèle unique qui offre les meilleures chances d'aider les couples à faire face aux problèmes d'aujourd'hui. Elle invite les thérapeutes de couple à dépasser le cadre d'un modèle unique, à explorer différentes approches, à choisir cinq praticiens dont ils souhaitent s'inspirer et à rechercher d'autres professionnels dont l'expertise diffère de la leur.
Perel met en pratique ce qu'elle recommande et, tout au long de ce cours, elle intègre les idées et les méthodes de ceux qui l'ont influencée, lui ont enseigné ou ont travaillé avec elle. Parmi eux, on trouve Terry Real, Hedy Schleifer, Bill Doherty, Diana Fosha et d'autres.
Au cours des trois séances présentées dans cette Master Class, Perel utilise diverses approches, interventions et stratégies ; dans les segments d'analyse, elle explique ses choix et comment d'autres thérapeutes peuvent les mettre en pratique dans leur travail. En voici quelques-uns à ne pas manquer :
Son objectif lors de ces séances est d'amener les partenaires à un moment où ils peuvent se découvrir sous un nouveau jour, de leur donner un sentiment de possibilités et d'espoir pour l'avenir, et de leur permettre de repartir avec une histoire différente de celle avec laquelle ils sont arrivés.
OBJECTIFS :
Explique le modèle romantique du mariage, les grands changements culturels qui y ont conduit et les défis qu'il pose à la famille et aux partenaires.
Public cible
Psychologues, conseillers, travailleurs sociaux, gestionnaires de cas, conseillers en toxicomanie, thérapeutes conjugaux et familiaux, infirmiers, éducateurs et autres professionnels de la santé mentale
Copyright : 18/09/2017PRÉSENTATION :
Ce qu’il faut retenir de cette séance. Remarque à quel point Perel va très vite au début. Elle sait que ce couple est tellement découragé par le fait d’être dans l’impasse et de parler de la vie sexuelle qu’il n’a pas, qu’il est important de faire quelque chose de différent. Perel explique dans l’analyse que, lorsqu’elle était en formation, quelqu’un lui a dit de ne pas demander ce qui n’allait pas. Demande plutôt à quoi ça ressemblerait — qui ils seraient si c'était le dernier jour de thérapie. Perel dit que c'est ce qu'elle fait. Perel dit.
Elle a aussi réfléchi au jeu et à son pouvoir thérapeutique. Elle a donc pris le risque de leur proposer des activités à essayer, et chacun d'entre eux a pris ce risque aussi. Elle explique :
La première chose à laquelle je pense quand je vois quelqu’un bloqué, c’est : où est-ce que je peux introduire quelque chose de complètement nouveau, une nouvelle expérience ? Comme elle le voit toujours d’une certaine manière, et si je lui fermais les yeux ? Elle verrait autre chose. En fait, elle devra écouter davantage. Elle devra ressentir davantage. Elle devra faire davantage appel au toucher, et c’était vraiment ça. Je lui ai demandé de fermer les yeux, de les couvrir, et elle a gardé le foulard presque jusqu’à la fin.
Le mari adhère à une autre des idées proposées par Perel : se glisser dans la peau d’un personnage. En fait, il en a déjà un : Jean-Claude, qui ne parle que français, une langue que sa femme ne comprend pas. Perel dit que ce n’est pas un problème ; elle traduira. Et elle ajoute :
Elle n'a pas besoin de mots… En ne te comprenant pas, elle va en fait
te voir différemment. Elle te percevra différemment, et tout cela revient à de la communication. Bonjour, Jean-Claude !
D'ores et déjà, le couple et elle forment une équipe thérapeutique, explique Perel. Ils rient et il y a un accord tacite sur la manière d'avancer. Elle fait remarquer qu'un travail comme celui-ci est toujours le fruit d'une collaboration entre les partenaires et le thérapeute, et prévient que tout peut s'effondrer à tout moment en cours de route.
Dans son analyse, Perel explique que, pendant la majeure partie de sa formation, le diagnostic se faisait en recueillant des informations, puis en réfléchissant à ce que pouvait être le problème. Influencée par Minuchin, elle préfère s'appuyer sur un diagnostic systémique qui commence par une intervention. C'est ensuite la manière dont le système — dans ce cas, le couple — y réagit qui fournit le diagnostic. C'est exactement ce qui se passe lors de cette séance.
Dans la deuxième partie, on voit Perel faire des allers-retours entre les deux partenaires, cherchant à cerner leur sentiment de sécurité et d’excitation, ainsi que les différences entre Scott et Jean-Claude — tant du point de vue du mari que de celui de la femme.
Esther l'invite à expliquer qui « l'a mis au sous-sol », qui l'a enfermé. Il répond que c'étaient sa mère et son père. Perel utilise sa stratégie du « dis-m'en plus » pour aller au cœur des détails intimes de l'histoire de Scott, et celui-ci explique tout le dysfonctionnement familial avant de conclure :
Du coup, je me faisais des reproches chaque fois que je ressentais du désir et j'essayais de ne penser qu'à des choses intellectuelles. En fait, j'ai complètement refoulé toutes mes émotions.
Dans son analyse, Perel explique qu’à ce moment-là, elle considérait ces deux personnages comme des « éléments » et qu’elle souhaitait en savoir plus sur eux lorsque la femme a déclaré que tenir la main de Scott lui procurait une sensation très différente de celle qu’elle ressentait en tenant celle de Jean-Claude. C’est une information importante pour Perel.
« Ce qu’on a là, dit-elle, c’est la dichotomie classique entre ce qui est sûr, bien et non sexuel, d’un côté, et ce qui est mauvais et sexy, de l’autre. Le travail consistera à concilier sécurité et sexualité, et il s’avère que c’est un travail qui les concerne tous les deux. »
Elle explique aussi comment les problèmes peuvent se manifester physiquement et pense que c'est exactement ce qui se passe quand la femme ressent une telle différence entre tenir la main de Scott et celle de Jean-Claude.
Dans la troisième partie, Perel commence par remettre en question cette opposition : Scott, le bon ; Jean-Claude, le mauvais. En faisant des allers-retours entre les deux, elle explore cette opposition.
Puis elle demande à la femme d’expliquer à Jean-Claude, avec ses propres mots, pourquoi elle l’aime, et Perel commence à en savoir plus sur le schéma que la femme a intériorisé depuis l’enfance, selon lequel elle serait « trop » — un message qu’elle porte désormais en elle et qui lui fait croire qu’« elle est trop exigeante sexuellement pour Scott ».
Tout au long de cette partie, Perel utilise sa technique qui consiste à lancer un scénario, puis à demander à ton partenaire de se l'approprier en le reformulant avec ses propres mots. Tout au long de cette partie et des suivantes, Perel aborde la sexualité en utilisant le langage du plaisir — ce qu'elle sait faire avec une aisance naturelle.
Dans la quatrième partie, Perel parle de l'efficacité des jeux de rôle, surtout quand un couple se trouve dans une impasse, comme c'était le cas pour ces partenaires. Ça leur permet de sortir de leur vision étroite des choses et de demander à l'autre ce qu'ils veulent.
Perel utilise aussi un exercice de contact pour les aider non seulement à guérir la fracture entre sécurité et sexualité, mais aussi à goûter à la joie, à l'ouverture, au jeu, à la liberté et au plaisir d'être sexuel. C'est ça, dit Perel, le travail de guérison des traumatismes sexuels chez les couples.
À la fin de cette séquence, Perel valide leur nouvelle expérience et encourage verbalement leur nouveau comportement :
J'ai vu comment tu la caressais quand tu étais Jean-Claude. Tout ça, c'est en toi. Vous n'êtes pas incompatibles, vous n'êtes pas mal assortis… Je ne sais pas d'où tu sors cette histoire, mais ce n'est pas… (À l'épouse) Tu ne sais pas ce qui se passe dans la tête de ce type, mais ce n'est peut-être pas si différent de la tienne.
Dans son analyse, Perel parle du « mauvais garçon » comme d'un fantasme sexuel qu'elle considère comme un langage codé grâce auquel un thérapeute peut en apprendre beaucoup. Le fantasme sexuel, c'est
Dans le fantasme sexuel de la femme qui rêve d’un mauvais garçon, c’est tout à fait vrai. Elle a l’impression d’être « trop », alors elle cherche quelqu’un de costaud et de dur à cuire, capable de se débrouiller tout seul. Elle exprime ainsi son besoin d’être comblée par quelqu’un pour qui elle n’est pas seulement PAS « trop », mais exactement ce qu’il recherche.
En vue d'une plus grande intégration, Perel remet en question l'idée selon laquelle elle serait « trop ».
Peut-être que tes parents avaient tort.
Le cinquième segment s'ouvre alors que la femme est submergée par la peur. Elle raconte qu'elle oscille entre le désir d'intimité et le besoin de s'éloigner— « Éloigne-toi de moi ». Puis elle commence à parler d'indépendance et de son refus de dépendre de quelqu'un. Perel l'interrompt, lui demandant de se taire pendant que son mari l'embrasse.
Pendant que Jean-Claude l’embrasse, la femme s’interrompt pour lui dire que c’est ce qu’elle voulait depuis le début. Perel la coupe à nouveau : « Tu ne peux pas faire ça. » Puis Perel demande au mari de dire à sa femme quand elle se plaint : « Tu n’es pas la bienvenue ici. » C’est la première étape pour leur donner les moyens de s’aider mutuellement à rester dans ce nouvel espace d’expérience érotique qui allie sécurité et sexualité.
Dans la suite de l'émission, Perel les aide à explorer une autre voie que celle où l'opposition entre sécurité ET sexualité les a maintenus dans une impasse pendant si longtemps. Elle les aide à décortiquer leur expérience de ces rapports sexuels « dégoûtants » qui leur donnaient l'impression d'être incestueux, pour qu'ils puissent les comprendre. Cette compréhension est la première étape vers un changement de comportement, explique Perel.
Perel se tourne ensuite vers le mari pour remettre une nouvelle fois en question l'idée selon laquelle Jean-Claude serait mauvais, et les ramène vers le contact physique et l'expérience de la plénitude qui s'offre à eux lorsqu'ils parviennent à s'unir en toute sécurité et avec sensualité.
Ces deux derniers passages illustrent parfaitement le processus en trois étapes pour apprendre un nouveau comportement que Perel met en pratique, puis enseigne aux trois couples. Les étapes sont les suivantes :
Et dans la dernière étape, Perel les accompagne pour qu’ils vivent pleinement cette nouvelle réalité. C’est l’expérience que Perel souhaite offrir aux couples : un avant-goût de ce qui est possible, le début plein d’espoir d’une nouvelle histoire qu’elle veut qu’ils emportent avec eux à la fin de la séance.
Et comme il s'agit d'un nouveau comportement qu'il faudra ancrer, elle leur montre comment ils peuvent se rappeler mutuellement cette expérience.
Au mari : Dis-lui d'aller se mettre du rouge à lèvres.
À la femme : Demande-lui de t'aider à rester présente, à vivre l'instant présent…
Et quand il y a un malentendu, tu dis : « Parle-moi en français. »
OBJECTIFS :
Explique l'objectif des quatre stratégies ou interventions qu'Esther Perel utilise régulièrement lors de ses séances.
Analyse la différence entre un fantasme et un fétichisme, et explique comment aborder chacun d'eux sur le plan clinique.
Public cible
Psychologues, conseillers, travailleurs sociaux, gestionnaires de cas, conseillers en toxicomanie, thérapeutes conjugaux et familiaux, infirmiers, éducateurs et autres professionnels de la santé mentale
Copyright : 17 mai 2017PRÉSENTATION :
Ce qu’il faut retenir de cette séance. Remarque comment Perel avance lentement au début de cette séance, en tâtonnant. Note aussi à quel point elle fait preuve de discipline pour contenir ses propres réactions. Même s’il y a de quoi réagir face à cette histoire d’infidélités à répétition et aux dégâts qu’elles ont causés, son travail initial consiste à rester ouverte et curieuse. Elle dit :
Si je reste sur le plan anthropologique plutôt que clinique, je suis bien plus à même de simplement écouter
Dans cette séance, Perel fait appel à bon nombre des outils et des approches qui caractérisent son travail, comme on l'a vu dans la première partie.
Dans la première partie, le couple raconte son histoire et Perel écoute, demande des « précisions » et ne réagit pas, même quand ils ne sont pas d'accord sur le fait de savoir si son comportement relève d'une compulsion ou d'une addiction. Comme elle le dit dans l'analyse, Perel a d'abord ressenti le besoin de deux choses :
Elle confirme qu'elle avance doucement, en tâtonnant. Comme il s'agit d'une séance unique de trois heures, Perel cherche une intervention qui puisse faire la différence, pour aider ce couple à repartir avec un récit différent de celui avec lequel ils sont arrivés.
Dans la deuxième partie de la séance, Perel se concentre sur le mari. Il parle de son engagement à être un bon mari et un bon père, et explique comment il a appris de son père ce qu’il ne fallait pas faire. L'utilisation par Perel de l'expression « dis-en plus » lui permet de développer et d'approfondir son histoire, avec ses propres mots et selon ses propres priorités. Ça lui donne un aperçu de la signification plus profonde et intime de son histoire, ainsi que des idées sur la direction qu'elle pourrait prendre avec lui pour créer une nouvelle dynamique au sein du couple.
Dans son analyse, Perel explique que, pendant qu'il parlait, elle avait plusieurs choses à l'esprit :
Perel et Simon évoquent également le fait que cette séance comporte de nombreux éléments susceptibles de déclencher des réactions. Perel insiste sur la nécessité pour le thérapeute de ne pas réagir de manière impulsive, mais de rester ouvert, d'encourager la parole et d'écouter. Elle explique comment elle parvient à conserver cette ouverture en adoptant une approche anthropologique plutôt que clinique.
Perel explique qu'elle savait dès ce moment-là qu'elle allait s'attaquer à sa honte toxique et à son apitoiement sur soi-même dans le cadre de son travail, car ces sentiments constituaient un véritable obstacle à la guérison de ce couple. Elle fait remarquer :
Quand quelqu’un est submergé par la honte, il ne peut pas accéder à la culpabilité, qui est liée à la conscience. Et c’est cette culpabilité qui lui permet de ressentir la responsabilité de ses actes et de s’exprimer en partant de là.
Le passage se termine par une confrontation entre Perel et le mari au sujet de la honte, qu’il présente comme faisant partie de son nouveau processus de guérison. Perel se montre ferme avec lui : « Ce n’est pas quelque chose de nouveau. C’était déjà là avant… Tu t’es assuré de ne jamais le ressentir. »
Dans la troisième partie, Perel se concentre sur la femme et pose une question à laquelle elle doit répondre pour pouvoir aller de l'avant.
Est-ce que le fait que son mari lui ait été infidèle pendant toute leur vie de couple annule tout ce qu'il y a eu de bon entre eux ces 40 dernières années ?...
Perel souligne l'importance de la question… et de la réponse.
… est-ce que ça change tout ou est-ce que ça doit trouver sa place ?… parce que ce que tu croyais était vrai ET qu’il y avait aussi une autre réalité… Ça ET ça.
Avant de poursuivre, Perel s'assure que la femme est prête à accepter que ces deux réalités soient vraies — que l'une n'annule pas l'autre. Elle l'est.
Dans son analyse, Perel explique pourquoi il est essentiel de reconnaître la validité de ces deux réalités :
Pendant 40 ans, sa femme avait une version des faits très cohérente, puis tout s'est effondré. Aujourd'hui, non seulement elle doute de son mari, mais elle doute aussi d'elle-même, car son histoire, son passé, tout ce qu'elle croyait savoir... n'avait plus aucun sens.
Perel poursuit en faisant remarquer que la capacité de la femme à dire que son mari avait des démons et que ce qu’il a fait n’avait rien à voir avec elle ni avec leur vie commune — c’est autant pour elle-même que pour lui.
Son besoin de lui accorder un peu de compassion, de voir en lui un peu de dignité, c'est aussi pour elle — pour qu'elle puisse trouver une certaine dignité à rester et commencer à s'écrire une nouvelle histoire.
Enfin, Perel remarque qu’elle avançait encore lentement pendant la séance, cherchant l’intervention qui permettrait à ce couple de sortir de l’impasse et de valoriser le choix de la femme de rester.
La quatrième partie de la séance commence lorsque le mari, s'exprimant à la lumière de la compréhension relativement récente qu'il a de lui-même et de son comportement, dit à propos de sa femme :
Je dirais que ces quatre à six dernières semaines, elle a enfin commencé à voir les choses de mon point de vue.
C'était un moment décisif, a déclaré Perel, car elle savait ce qu'elle voulait obtenir de son mari pour aider le couple à aller de l'avant et permettre au mariage de se reconstruire. Il doit apprendre à sortir de lui-même.
À partir de là, dit-elle, elle savait exactement comment la séance devait se dérouler, et elle s'est donc engagée dans une démarche qui comprenait :
«La question de la confiance est tout à fait prématurée». Les mots de Perel marquent un autre moment important dans cet extrait. Avec eux, elle met définitivement fin à un débat qui durait entre les partenaires sur la question de savoir si elle pouvait lui faire confiance pour qu’il ne recommence pas. Ce moment offre aussi une occasion de recadrer la question de la confiance. Perel poursuit en
Une fois de plus, Perel avance une idée : ce que la femme souhaite vraiment, c'est pouvoir compter sur son mari pour qu'il soit à ses côtés dans ses moments de souffrance, de honte, de colère et d'amour, alors qu'elle reconstruit sa vie en restant avec lui. À la fin de l'épisode, le mari et la femme sont tous deux d'accord avec cette idée.
Dans leur analyse, Perel et Simon approfondissent le thème de la confiance et de la trahison. Perel introduit le concept de « naïveté primaire », en expliquant qu’une fois celle-ci brisée, il n’y a pas de retour en arrière possible. La confiance devient plus prudente, plus nuancée et plus mûre. Et même s’il est possible d’atteindre un état de « naïveté secondaire » avec le temps, cela passe par une confiance en gardant les yeux grands ouverts.
Dans la cinquième partie, Perel revient sur le mari et entame un processus visant à l'éduquer, à le mettre au défi et à jeter les bases de son accompagnement.
Elle interrompt sa plainte en reprenant son mot « honnêteté » et en le recentrant — non plus sur lui, mais sur ce que vit sa femme. …c’est une autre histoire d’honnêteté. Perel explique qu’il doit accepter le fait que le niveau de cloisonnement avec lequel il a vécu toute sa vie est inconcevable pour sa femme et qu’elle vit désormais avec cette question : « Avec qui étais-je ? »
Dans la sixième partie, Perel se concentre pleinement sur cette impasse. La femme confirme que son mari parle beaucoup plus de ce qui lui est arrivé que de ce qui lui est arrivé à elle. « Je le sens bien », dit Perel. « Ça crée un déséquilibre. »
Et elle l'interrompt fermement dès qu'il recommence à se justifier, à s'expliquer ou à se concentrer sur lui-même. Elle lui demande d'écouter ce que dit sa femme et de le répéter pour être sûrs qu'il l'a bien entendue. Elle l'interrompt à nouveau dès qu'il commence à dire « mais » ou qu'il s'égare dans un monologue trop long.
Quand il évoque la colère de sa femme, elle change à nouveau de sujet. Tout en reconnaissant à quel point il est important qu’il suive son propre cheminement vers la guérison et qu’il se sente entier pour la première fois de sa vie, Perel fait valoir les points suivants :
Puis Perel lui fait une promesse : si tu arrives à prendre en compte sa préoccupation première (la douleur et la honte), tu lui donneras l'espace nécessaire pour qu'elle puisse se concentrer sur ton parcours (la guérison et le bien-être).
Perel explique que ce qu'il doit faire maintenant, s'il veut sauver son mariage, c'est d'être présent aux côtés de sa femme pour l'accompagner dans la colère, la douleur et la honte qu'il a provoquées.
Il s'y essaie et s'entraîne avec l'aide de Perel, qui lui suggère à un moment donné d'essayer d'être présent pour elle à travers la seule chose qui a toujours bien fonctionné entre eux : le contact physique. Puis il tend la main vers elle et ils se mettent tous les deux à pleurer en se serrant dans les bras. Le contact physique. « Ne parle pas », répète Perel alors qu'ils vivent ce moment d'espoir et de véritable connexion vers lequel elle les a guidés tout au long de cette séance.
OBJECTIFS :
Explique la différence entre la honte et la culpabilité, et décris comment chacune de ces émotions affecte une personne ainsi que le couple ou le système familial.
Explique les effets traumatisants à long terme de la dynamique familiale de l'enfance connue sous le nom de « triangle infernal », composée 1) d'un père violent et maltraitant, 2) d'une mère blessée et victime de ces abus, et 3) d'un garçon sensible pris entre les deux.
Public cible
Psychologues, conseillers, travailleurs sociaux, gestionnaires de cas, conseillers en toxicomanie, thérapeutes conjugaux et familiaux, infirmiers, éducateurs et autres professionnels de la santé mentale
Copyright : 26 mai 2017PRÉSENTATION :
Ce qu'il faut retenir de cette session
Après s’être présentés, ils racontent l’histoire de cette « surprise » d’anniversaire bien intentionnée qui a dû être annulée parce qu’elle a déclenché une réaction chez le partenaire ayant un passé traumatisant, mais il est clair qu’ils ont peu parlé de ce qui se cache derrière cette réaction. Perel dit plus tard qu’elle se demande comment ont été établies les normes sur ce qu’il faut partager ou non. À la fin de la séquence, ils parlent d’une autre manifestation du traumatisme qu’ils aimeraient tous les deux changer : le fait que le partenaire ayant un passé traumatisant sursaute souvent quand son partenaire le touche. Quand le partenaire qui privilégie le contact répète qu’il veut en savoir plus sur la façon dont son partenaire pense pour pouvoir éviter de le déclencher, Perel répond : « Peut-être qu’il devrait apprendre de toi. »
Dans cette analyse, Perel et Simon abordent le sujet des traumatismes dans les relations et se demandent si la situation de ce couple est unique. Perel explique que ce n'est pas le cas et ajoute qu'il est très courant d'avoir seulement des manifestations de traumatisme dans une relation sans qu’aucun antécédent traumatique n’ait été révélé ou ne soit même connu.
D'après ce qu'elle entend au cours de cette séance, notamment l'utilisation constante du mot « en sécurité », Perel comprend clairement que cette séance a besoin d'un cadre solide, stable et bienveillant, et que c'est à elle de le créer. Elle explique qu'elle pose moins de questions que d'habitude à cause du traumatisme, sauf quand elle veut en savoir plus :
Quand j'entends des phrases comme « Il en sait un peu », je demande « C'est quoi, "un peu" ? », parce que c'est important de saisir le sens profond qui se cache derrière les mots.
Dans leur analyse, Perel et Simon expliquent qu’il y a un consensus dans le milieu sur la nécessité d’éviter la retraumatisation, mais qu’il y a aussi un débat animé pour savoir à partir de quand on en dit trop ou pas assez. Elle remarque que les gens présentent souvent leurs approches sur ce sujet comme s’ils avaient la réponse définitive. Son approche est différente :
Avec un traumatisme comme celui-là, je pense qu’il vaut mieux tâter le terrain plutôt que d’arriver avec des certitudes.
Elle explique aussi en détail le rythme et l'approche qu'elle adopte lors de cette séance. Compte tenu des antécédents traumatiques, elle maintient un rythme lent et régulier. Elle parle moins, pose moins de questions et se montre moins directive qu'elle ne le serait en temps normal. Elle veille particulièrement à respecter les limites — entre les partenaires, mais aussi entre eux et elle-même.
Elle a déjà clairement conscience du déséquilibre qui règne dans leur relation ; les questions qu'elle pose portent donc sur la complémentarité du couple et la dynamique du pouvoir.
Dans la troisième partie, elle commence à mettre en perspective certains sentiments et réactions liés au traumatisme passé de son partenaire. Il lui pose des questions et elle lui répond que ces réactions sont normales pour quelqu’un qui a vécu ce qu’il a vécu. C’est là que commence un certain travail de modélisation. Perel aide le partenaire traumatisé à intégrer ses paroles, ses émotions et son corps. Elle travaille ensuite individuellement avec l’autre partenaire qui, pour la première fois au cours de cette séance, reconnaît qu’il a lui aussi ses propres vulnérabilités.
C'est le schéma qui va se répéter pendant le reste de la séance : on alterne entre le travail individuel avec un partenaire et l'autre. Elle précise que, lorsqu'elle travaille avec un partenaire, elle sert aussi de modèle à l'autre.
Dans son analyse, Perel utilise le « cycle de la vulnérabilité » pour expliquer le dysfonctionnement profond, mais pas rare, du couple :
Perel donne des conseils très concrets au couple pour changer cette dynamique. Elle encourage le partenaire qui se fige à prendre son temps, à « se recentrer » pour accepter ce contact tendre. Au partenaire qui se replie sur lui-même, elle conseille :
Reste calme pendant qu'il se remet en place. Si tu restes calme, vous aurez tous les deux ce que vous voulez.
À partir de là, Perel explique clairement que son rôle est de les aider à rééquilibrer leur relation pour retrouver un meilleur équilibre et s'engager sur la voie d'une plus grande intimité.
Le quatrième volet commence par les deux partenaires qui affirment avoir été beaucoup plus honnêtes et ouverts depuis la découverte des infidélités. Perel se concentre alors sur le travail avec le partenaire qui prend soin de l’autre. Elle lui demande ce que ça lui a fait de prendre son courage à deux mains et de demander quelque chose — ce qu’il a fait à la suite de l’infidélité de sa partenaire. Et elle continue sur cette lancée : «Où as-tu appris à te retenir de demander, de vouloir, d’avoir besoin? » Et il commence à raconter son histoire, qui parle aussi de son propre traumatisme.
Perel continue de travailler avec lui en lui montrant comment poser des questions et mieux connaître son partenaire. Puis elle passe le relais au partenaire en lui disant : « Demande-lui. » À partir de là, c'est Perel qui le guide.
Son objectif, explique-t-elle, c'est que chaque partenaire vive une expérience qui soit à l'opposé de ce à quoi il est habitué. Celui qui occupe toujours le devant de la scène devra aller vers l'autre, être attentif, donner et s'intéresser aux besoins de son partenaire. Celui qui prend soin des autres apprendra à demander ce qu'il veut — pas seulement des miettes et pas seulement en cas de crise — et il devra ensuite accepter ce qu'on lui donne.
La tension monte dans la cinquième partie quand le partenaire le plus discret parle de son coming out. Perel, dans un moment typique où il en redemande, suit son récit. Quand il dit qu’il n’a jamais fait son coming out auprès de son père, qui est décédé depuis, Perel lui demande de le lui dire maintenant. Il raconte que son père a répondu : « Je sais. Et alors ? » Perel en demande plus : «Comment tu vis ça ? » Il répond qu’une partie de lui l’accepte. « Et l’autre partie ? » demande Perel. Il répond : « Pourquoi tu ne veux pas mieux me connaître ? » et il fond en larmes.
Puis elle se tourne vers son partenaire, qui se penche vers elle, et lui demande s’il aimerait s’approcher, puis : « Tu veux faire ce que tu as dit? » (le serrer dans ses bras) et il le fait. Perel accélère le rythme, passant de l’un à l’autre, guidant chacun dans ce nouveau comportement où le partenaire réconforte celui qui prend soin de lui.
Dans son analyse, elle évoque le moment où il a dit : « Pourquoi tu ne veux pas mieux me connaître? » C'est cette phrase qui le plonge dans le tourbillon de la douleur, explique Perel, et lors de la séance non montée, elle lui a demandé de la répéter plusieurs fois pour qu'il puisse s'immerger pleinement dans cet état et ensuite laisser libre cours à ses larmes.
Dans cette partie, elle passe également en revue chaque étape de ces avancées. Elle explique comment elle utilise les sept verbes fondamentaux des relations — demander, donner, prendre, recevoir, imaginer ou jouer, partager et refuser — et décrit comment les thérapeutes peuvent utiliser ces mots dans leur propre travail. Voici comment Perel résume les progrès accomplis jusqu’à présent :
Ce que ce couple demandait en arrivant, c'était plus de la même chose : les mêmes comportements qui avaient maintenu leur relation en déséquilibre pendant 14 ans. Mais aujourd'hui, celui qui donnait apprend à demander et à recevoir, et celui qui occupait le devant de la scène donne et écoute avec empathie.
La dernière partie s'inscrit dans cette évolution et la renforce. Perel travaille à nouveau avec le partenaire qui a subi des abus sexuels, en l'encourageant à dire « je me sens » plutôt que « ça me fait ressentir ». Elle explore ce qu'il ressent lorsque son partenaire lui tient la main et finit par suggérer à ce dernier de lui tenir le visage, en le regardant droit dans les yeux, et c'est là qu'intervient une percée. Alors que son partenaire lui assure qu'il est en sécurité, les larmes coulent.
Perel commence ensuite à expliquer aux partenaires comment renforcer ces nouveaux comportements à l'avenir. Dans son analyse, elle explique que la clé pour renforcer efficacement un nouveau comportement consiste à dire quelque chose de bref et de positif sur le moment. Il vaut mieux être bref et direct : « J'aime bien quand tu fais ça », « C'est sympa », « On recommence ? », « Merci », « C'est bien comme ça ».
Elle décrit le processus en trois étapes pour acquérir de nouveaux comportements : imiter, identifier, puis intérioriser. Cette pratique aide à l'intériorisation.
Dans cette analyse, Esther et Rich se penchent en profondeur sur le thème des couples et des traumatismes sexuels. Perel explique qu’une partie de la difficulté pour le partenaire ayant subi un traumatisme sexuel réside dans le fait que tout ce qui « fait du bien » a été contaminé par les abus sexuels. Elle n'approfondit pas davantage ce sujet, mais garde son champ d'action restreint et se concentre plutôt sur une nouvelle expérience corporelle. Elle travaille sur un aspect de la guérison du partenaire qui a été traumatisé et, en le faisant en présence de l'autre partenaire, elle travaille également sur la reconnexion érotique des deux.
Selon Perel, l'objectif du travail sur les traumatismes sexuels n'est pas seulement de gérer la douleur, mais aussi de reconnaître le plaisir sexuel. C'est ce qu'on appelle la guérison érotique. Si tu ne parviens pas à éprouver du plaisir sexuel, cela signifie que l'intégration de la sécurité et de l'érotisme n'est pas encore achevée.
OBJECTIFS :
Présente 5 des 7 verbes fondamentaux de la relation et explique comment les utiliser pour aider tes clients à parler de sexualité et de relations.
Énonce deux stratégies que les partenaires peuvent utiliser pour renforcer mutuellement leurs changements de comportement positifs, et j'expliquerai pourquoi elles sont efficaces.
Public cible
Psychologues, conseillers, travailleurs sociaux, gestionnaires de cas, conseillers en toxicomanie, thérapeutes conjugaux et familiaux, infirmiers, éducateurs et autres professionnels de la santé mentale
Copyright : 28/09/2017OBJECTIFS
PRÉSENTATION
Public cible
Psychologues, conseillers, travailleurs sociaux, gestionnaires de cas, conseillers en toxicomanie, thérapeutes conjugaux et familiaux, infirmiers et autres pros de la santé mentale.
Copyright : 29/07/2014Public cible
Conseillers en toxicomanie, conseillers, thérapeutes conjugaux et familiaux, infirmières, psychologues, travailleurs sociaux
Objectifs
Aperçu
Découvre comment :